Après un an de préparation ou presque nous voilà enfin à cette fameuse course de fous.
22h00
Après 2h00 de voiture nous arrivons à Saint Philippe (avec Domi, Jp et Olive collègues militaires présent sur l’île pour un séjour de deux ans) où sera donné le départ du grand raid de la Réunion : 150kms pour 9220d+ et 9220d- .
Il y a beaucoup de monde devant nous pour le contrôle des sacs et il faut les donner à l’organisation pour les emmener au point prévu : Mare à boue, Cilaos et Deux bras.
Je prends un dernier café, un pain au chocolat et la séance photos avec mon pote Greg.
Nous retrouvons Laure une fille de l’Ain rencontré dans l’avion.
J’ai décidé de faire la première partie avec elle (jusqu’a Cilaos) car à priori on a le même niveau et le raid commence à Cilaos (dire des anciens).
24h00
Le décompte commence : 5.4.3.2.1. et zéro, c’est parti 2300 fous au départ mais combien vont franchir l’arrivée ? C’est que des Fous qui se lancent pour cette longue aventure !
Je prends un départ tranquille sur les 4 premiers kms assez plat histoire de chauffer un peu les jambes, après on attaque 11 kms de légère montée pour atteindre le premier ravito.
2h10
Je pointe au 16ème kilomètre, rempli mon Camel back. Laure a un souci de dossard, on prend donc 5 min pour régler ce détail, avant d’attaquer la montée du volcan que j’appréhende depuis le début de la préparation de ce projet.
7h00
On pointe au ravitaillement du volcan tout s’est bien passé à part les bouchons dans la montée. Avec un départ prudent c’étais presque sûre que la montée bouchonne un peu mais la route reste encore longue. 10 minutes de pose et une bonne soupe bien chaude. Mon pote Gérald a pointé 20 minutes devant nous.
10h00
Mare à boue 55ème kilomètres. Il y avait 23 kms entre les deux points .Tout se déroule comme prévu le terrain est pas trop mal et on trottine encore bien ; on est frais. Sur le parcours on retrouve mon pote Olive qui a des petits soucis gastriques (les boules pour lui). On arrive ensemble à Mare à Boue (Olive, Laure et moi).
Je prends une pose de 50 minutes pour changer de chaussettes et manger un peu de pâtes. Sur le ravito on retrouve Gérald et notre pote JP qui sont déjà en train de se ravitailler (le temps passe trop vite ici) j’avais estimé à 15 minutes de pause à ce point, on en est déjà à 30 minutes mais ce n’est pas grave.
Le papa de laure est là également pour nous soutenir moralement.
10h50
Départ pour la montée du Kerveguen et ensuite la descente sur Cilaos environ 18 kilomètres. Temps estimé 4h00.
Mais là les choses se corsent la montée de Kerveguen se passe dans la boue, les racines et pour compléter le tout, de jolis rochers glissants. On met 2h10 pour atteindre le sommet et le pointage du Kerveguen. On y retrouve mon pote OLIVE un peu vidé car il n’arrive toujours pas à s’alimenter, on discute un peu avec lui et il repart avec nous après une pose de 10 minutes pour manger et s’étirer un peu.
Ca remonte encore un peu et la fameuse descente du Bloc, nouveau passage pour rejoindre Cilaos.
Descente très technique avec des rondins et très cassante pour les articulations, je ferais la descente avec Laure. Olive s’est arrêté pour faire une pause rien ne va pour lui.
16h00
Arrivée à Cilaos !
Un peu éprouvé par la descente mais tout va bien, on décide de faire une bonne pause d’1h00 environ. Au pointage il nous annonce beaucoup d’abandons. !!!! ça nous inquiète un peu.
Je me change et j’en profite pour me laver les jambes avec un jet d’eau qui se trouve là. Gérald est déjà arrivé et se change également. Laure récupère ses affaires auprès de son papa qui est également présent au ravito. Il raconte un peu ce que la radio locale annonce : cette édition s’annonce comme terrible vu les conditions météo des jours précédant.
J’en profite pour regarder sur ma carte ce qui nous attend derrière la montée de Taïbit et la descente sur Marla et Roche Plate (pause prévue à Roche Plate pour dormir un peu).
On discute avec Greg et Laure, nous décidons de repartir ensemble pour la traversée du cirque de Mafate et surtout pour faire face à la deuxième nuit qui nous attend. On restera 2h30 au lieu d’1h00 prévu initialement, avec 30 minutes de sieste et un bon repas sur le stade.
18h30
Départ pour le col du Taïbit, avant ça une légère descente vers Bras Rouge nous mettrons 30 minutes quand même car la reprise est un peu dure.
Nous attaquons la montée et là sur le bord de la route des trailleurs sont emmitouflés dans leur couverture de survie à même le sol, c’est vraiment impressionnant car plus on monte et plus ils sont nombreux à être arrêté sur le sol.
Nous arrivons au pointage : au Pied du Taïbit (je pensais être au sommet les boules) une petite soupe, un coca et nous repartons tous les trois pour le sommet et la bascule vers Marla.
L’ascension se fait à un bon rythme il y a de plus en plus de monde allongé sur les bas côtés du GR dans les couvertures de survie, certain font même demi tour pour redescendre au pointage et abandonner certainement ????
Arrivée au sommet, nous descendons sur Marla. Ouf !!!!!
24h00
Poste de Marla.
Je perds Greg et Laure dans la descente, en suivant un groupe de coureurs, je me retrouve 05 minutes devant eux au pointage.
J’arrive au ravito mais pas de Greg et Laure alors je fais le tour du ravito il y a au moins 50 mecs qui dorment autour d’un feu.
Greg arrive avec Laure surpris de me voir là et il me dit qu’il veut se poser un petit moment mais il fait « un froid de Sibérie » alors on se pose autour du feu pour ne pas avoir froid mais impossible de dormir je suis gelé. Mais mon pote Greg ronfle déjà il avait vraiment besoin de cette petite pause.
30 minutes plus tard je réveille Greg en lui disant que l’on doit repartir et que l’on se posera à l’école de Roche Plate (il doit y faire moins froid et il y aura peut être des lits).
05h25
Arrivée à Roche Plate.
Je me fais soigner le genou droit car il n’a pas apprécié la descente de nuit dans les rochers de l’île intense. Le kiné me masse un peu et on se fait une petite sieste d’1h10 sur les lits picots.
Avant de repartir, on prend une bonne soupe, un café et on fait le plein de nos Camel back car il fait déjà chaud. Ca risque de taper dans Mafate et la traversée s’annonce très longue.
9h43
Nous arrivons tous les trois au poste de la Nouvelle.
Déjà 33h43 de course mais la sieste nous a fait du bien.
5 minutes de pause pour faire le plein d’eau et c’est reparti en direction de Col des Bœufs.
12h15
Nous arrivons au pointage du sentier Scout et le Col de Fourche. Cette montée se fait sans problème et les jambes sont toujours là dans les montées. La fatigue commence un peu à se faire ressentir mais il fait encore beau et chaud donc tout se passe bien.
14h50
Pointage à l’école d’Aurère aménagée pour l’occasion en ravito, comme chaque année.
Dans la descente je laisse partir Laure et Greg car je traine un peu. Je les retrouve au ravito. Laure est partie se faire soigner un pied et Greg se ravitaille. Pour ma part, je fais le plein d’eau et je file sur Deux Bras car je n’ai pas envie de traîner au ravito. Mes deux compères me rattraperont au pied de Deux Bras car je ne suis pas un grand descendeur et mon genoux me le rappelle à l’ordre.
17h10
Poste de Deux Bras.
C’est le dernier poste de ravito « solide » de la course et surtout la dernière pause avant la fameuse montée de Dos D’âne, appelée aussi le Mur !
Je me change une dernière fois après avoir passé entre les mains de 2 kinés (très sympathiques) car j’ai les jambes vraiment dures après la descente vers la rivière des galets.
Mes petits mollets commencent à souffrir après 41h00 de course.
Greg fait la même chose et Laure également.
Après 20 minutes de massage nous prenons un repas « Cary-poulet-pâtes » et deux petits cafés car notre troisième nuit blanche nous attend et je la redoute fortement. Je voulais absolument arriver à saint Denis avant la troisième nuit.
18h50
Départ de Deux Bras.
Après avoir traversé la rivière pour la ixième fois j’attaque la montée.
Greg et Laure partent devant pour grimper à leur rythme, moi je trouve un compagnon de route qui grimpe à ma vitesse (numéro 27), pas de souci.
21h00
Je pointe au stade de Dos D’âne, les jambes tournent bien mais ma tête ne veut plus avancer je suis fatigué (la troisième nuit blanche temps redoutée va me faire mal).
Je retrouve mes deux compagnons de route au ravito et la surprise pour Laure, sa meilleure amie est venue de métropole le matin même.
Quelle surprise pour elle !
On ne s’attarde pas car la dernière montée nous attend le Piton Batard. La grimpée se fait tranquillement mais après c’est le coup de massue pour moi car je tombe de fatigue deux fois de suite.
Je leur dis que je vais dormir là un petit moment mais ils ne sont pas très chaud car personne est là pour me réveiller alors je marche lentement jusqu’au poste de secours Kiosque d’Affourches.
Je me pose dans un lit et je laisse partir mes deux compagnons vers Colorado et peut être l’arrivée sans moi !!
Je dors 1h30 mais le froid fini par me réveiller alors je décide de repartir. Il reste plus que 12 kilomètres avant le stade de la Redoute. Je ne peux pas craquer là !!! Si prêt du but.
Je décide de téléphoner à ma petite femme (j’ai le moral dans les chaussettes je suis vidé).
3h05
Je pointe enfin au Colorado, ça fait 51h00 que ma diagonale a commencé (je n’ai pas de bobo mais ce manque de sommeil me fait vraiment défaut et dire que le premier est arrivé il y a 27h00, c’est vraiment un truc de fou !! J’arrive au Colorado exténué.
Nos potes Olive et Domi sont là (ils ont abandonnés à Cilaos pour problèmes gastriques). Ils m’annoncent que Greg est parti il y a 5 minutes et qu’il a un souci de genoux. Je n’en reviens pas car j’ai dormi un bon moment et il doit avoir un réel problème. Je repars de suite pour le rattraper car il a l’air de souffrir. Quelques minutes plus tard je suis derrière lui, je le reconnais avec son strapping au genou droit et il marche avec un bâton (bout de bois trouvé dans la descente). Laure est restée avec lui, il a vraiment mal à sa malléole car il a pris une pierre dessus avant d’arriver au Colorado.
On mettra 2h44 pour les 5 derniers kilomètres !! La descente du Colorado est vraiment raide.
Nous franchissons la ligne d’arrivée tous les trois en même temps.
Je pensais souffrir musculairement mais c’est le sommeil qui m’a réellement manqué.
Olive et Domi sont là avec Christophe ainsi que leurs familles pour nous accueillir comme des héros : UN MOMENT FORT.
Faire toute cette course à trois restera un super souvenir pour moi, je suppose qu’il en est de même pour Greg et Laure.
Le chrono affiche 53h44, on a survécu à cette diagonale des Fous.
Pour notre premier ultra à plus de 100kms, il porte bien son nom !!!
L’édition 2007 restera dans les mémoires de tout le monde !!!!!
Encore merci à tous les sponsors qui nous ont aidé sur ce projet ainsi qu’à Bernard pour le suivi de notre blog et également à Didier pour tous ces mois d’entrainement qui nous ont permis d’arriver au bout de notre défi sans trop de casse.
WILLY